LONGÉVITÉ


Avec son tronc sculpté par l'âge et sa toison de feuilles persistantes et argentées, cet arbre légendaire dépasse potentiellement en longévité le chêne. Chargé de légendes, l’olivier millénaire est un arbre symbole et les peuples du pourtour méditerranéen qui s'en nourrissent possèdent en commun les gestes ancestraux de sa culture.

Malheureusement, il n'est pas possible de connaître l'âge d'un olivier avec certitude. La dendrochronologie ne peut pas être utilisée sur une souche d'olivier. Cette essence ne présente pas de cercles de croissance nets et individualisés. L'âge d'un individu ne peut par conséquent qu'être une estimation basée sur des indices indirects (diamètre, aspect, documents historiques) qui se révèlent souvent peu fiables et amènent à des estimations parfois bien éloignées de l'âge réel.

À l'état naturel, lorsqu'un olivier devient vieux, il produit des rejets (appelés « souquets ») à partir de sa souche, et, ainsi, ne meurt effectivement jamais de vieillesse. Le nouvel arbre qui le remplace n'est pas un autre olivier, mais un autre lui-même, une nouvelle expression du même génotype. L'olivier peut cependant mourir par l'effet du gel, de l'humidité du sol, d'un échec dans la lutte pour l'occupation de l'espace vital avec les espèces concurrentes, et probablement de la sécheresse. Un dicton provençal dit qu' « autant le figuier que l'olivier ne meurent pas sans héritiers ».

Les plus vieux troncs que l'on puisse observer sont cependant ceux des arbres cultivés, car les cultivateurs éliminent régulièrement les rejets, s'ils veulent conserver le vieux tronc. Si cet entretien est interrompu, les vieux arbres s'empressent de donner de nombreuses jeunes pousses.

On dit que certains oliviers du mont des Oliviers à Jérusalem sont contemporains du Christ. Il existe au Sud-Liban un arbre vieux de 2700 ans dans le village de Chaqra dénommé l'arbre des Perses. À Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes), un vénérable olivier âgé de plus de 2 000 ans affiche un impressionnant 20 mètres en tour de taille avec de multiples rejets.

Aux abords du Pont du Gard, on trouve trois oliviers millénaires dont l'un a été planté en l'an 938, en Espagne, puis ramené et transplanté près du pont du Gard. En 2007, il continuait à donner des fruits. Les deux autres oliviers sont à peu près de la même époque.